Depuis son ouverture en février dernier, l’établissement hospitalier de Bron est confronté à de nombreuses difficultés. Le personnel et les patients montent au créneau.
Les patients, victimes du manque de signalisation, se perdent dans les couloirs. Les délais d’attente n'ont de cesse de s'allonger. Certains services, notamment la maternité et les urgences sont engorgés. Aujourd’hui pour les syndicats, le constat est inquiétant : "l’esthétisme des lieux semble avoir été privilégié en dépit de sa fonctionnalité". "Les médecins n’ont pas eu le temps de se former au nouveau matériel et l’hôpital étant tout en longueur, les trajets sont éreintants pour le personnel", insiste Elisabeth Abdallah, représentante CGT au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l’hôpital. Elle ajoute même : "C'est très beau, mais il y a des endroits où les professionnels n'ont même pas la place de travailler, où il n'y a pas de locaux de strockage".
Mais le problème le plus alarmant reste le manque d’effectif. Si les délais d'attente sont longs pour les familles, c'est tout simplement parce que le personnel travaillant actuellement dans l'établissement hospitalier est déjà surbooké. D'après la CGT, ce manque de main d'oeuvre est dû à "un mauvais calcul de départ, le nombre de travailleurs ayant été prévu à la baisse". Mais les difficultés surviennent aussi parce que pour certains secteurs, les spécialistes manquent. C'est le cas notamment aux urgences, qui sont continuellement saturées, ou du secteur des sages femmes. Le bureau des entrées n'est biensûr pas épargné. Conséquence : les patients font parfois la queue jusqu'à une heure et demi à deux heures. Cette attente se poursuit ensuite dans le bloc de l'imagerie , où elle s'accroît même. Car effectivement, le personnel a été trop peu formé, à ce jour, au nouveau matériel.
La situation devient délicate pour les patients mais aussi pour les médecins et autres membres du personnel hospitalier, qui doivent également faire face à l'imposante ossature du monstre médical qu'est l'hôpital femme-mère-enfant de Bron. Elisabeth Abdallah parle même de "parcours du combattant pour les gens qui arrivent et qui veulent trouver la bonne consultation, le bon service". Beaucoup de patients se perdent dans les couloirs, ce qui entraîne du retard dans les consultations. La CGT pointe là "le manque de signalisation".
Malgré toutes ces difficultés, les syndicats restent pourtant confiant et affirme que "petit à petit, tout va s'organiser. Le personnel va se former au nouveau matériel". Cependant, l'inquiétude relative au manque d'effectif "reste intacte". Elisabeth Abdallah regrette notamment la décision de la direction générale qui souhaite encore supprimer des postes. Elle envisage, enfin, des solutions efficaces : "Augmenter les effectifs dans les services qui en ont besoin, notamment celui du bureau des entrées. Prévoir de la place pour créer des salles de repos pours les médecins qui travaillent plus de douze heures d'affilée". Ou encore : " Améliorer l'accueil des familles". Si tous les lits sont perpétuellement occupés, il reste donc du chemin à faire pour que le centre hospitalier de Bron confirme ses espérances. A l'image de l'établissement, le défi reste gigantesque.
Sophie Barde Cabusson