Après l'acceptation du plan américain Paulson le 3 octobre dernier, l'Europe vient à son tour de dévoiler sa stratégie. Des centaines de milliards d'euros vont être réinjectés pour protéger le système bancaire européen. Une démarche sans précédent.
Il ne se passe plus un jour sans que la crise ne soit évoquée dans les journaux. Dernièrement, les mauvaises nouvelles se sont accumulées. Les banques souffrent. Certaines ont déjà été englouties par la concurrence, à l'image de Fortis, croquée par BNP Paribas au début du mois. La crise prend nettement de l'ampleur. Les courtiers du monde entier s'arrachent les cheveux en voyant l'indice boursier plonger en flèche. Il a finalement fallut que l'inquiétude atteigne son paroxysme pour qu'enfin les Etats trouvent une solution à cette grande dépression financière. Ce sont les Etats-Unis qui ont montré la voie avec le plan Paulson. Malgré un premier rejet, il a bel et bien été accepté. Le 3 octobre, le président Bush annonçait la promulgation d'une loi permettant d'injecter la somme colossale de 700 milliards de dollars dans le système bancaire américain. Une mesure extraordinaire qui devrait, selon le Wall Street Journal, « profiter à des milliers de banques ».
Le 9 octobre, de l'autre côté de l'Atlantique, la Grande-Bretagne a rapidement emboîté le pas au géant américain en proposant le plan Gordon Brown. 47 milliards d'euros devraient être débloqués pour sauver les trois principales banques du pays. Dans la zone euro, on prend dès lors bonne note de l'initiative britannique. Suite aux échecs des discussions du G4, du G7Finances, du G8 puis du G20, les espoirs se portent finalement sur l'Eurogroupe. Réunis en urgence le 12 octobre, les quinze chefs d'Etat de la zone euro se sont mis d'accord. Un plan commun, recommandé à l'origine par le premier ministre britannique Gordon Brown, a été élaboré. Plusieurs objectifs ont été soulignés. Garantie de crédits bancaires, recapitalisations, sanctions du personnel défaillant, mise en place d'un régulateur européen... Un sommet mondial pour remettre les finances internationales sur de bons rails, est même envisagé.
360 milliards d’euros pour les banques françaises
Les bases posées, il ne restait donc plus qu'à soumettre chaque Etat au vote. Le 13 octobre l'Allemagne a annoncé qu'elle consacrerait 480 milliards d'euros au sauvetage de ses banques. Selon le ministre des Finances Giulio Tremonti, l'Italie dépensera, elle, « autant que nécessaire pour la stabilité de son système financier ». De leur côté, les Pays-Bas débloqueront 200 milliards d'euros, l'Espagne 100 milliards, le Portugal 20 milliards. En France, le plan européen a également été accepté à la majorité. Le pays s’est engagé à injecter 360 milliards d'euros auprès de ses banques. Le président de la République a parlé d'un « engagement massif à la hauteur du problème auquel nous sommes confrontés ». La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a pour sa part rappelé le caractère « historique » de cette décision.
La mobilisation commune des grands pays européens, laisse entrevoir des éclaircies sur l'ombre de la crise financière. Mais comme le souligne l'Express, « la multiplication des plans de sauvetage du secteur bancaire, notamment en France, n'a pas totalement rassuré les marchés financiers ». Les Bourses sont rapidement reparties à la baisse. Les solutions financières ne suffisent plus. Comme Nicolas Sarkozy l'a bien fait comprendre, il faudra se dépêcher de « mettre un terme à la crise de confiance » qui existe à présent.
Sophie Barde Cabusson