D’abord client, Alexandre Aublè a fini par passer derrière le comptoir de La Cloche. Il y travaille depuis deux ans et pour lui, l’issue favorable du procès ne faisait aucun doute. Interview.
Sophie Barde Cabusson –
Qu’est-ce qui vous a amené à travailler aux côtés de Philippe Bitat ? Alexandre Aublè – À l’origine j’ai connu ce café par hasard avec ma mère. Puis ensuite j’ai travaillé à l’Hôtel Le Royal, juste à côté. Je venais donc boire un café ici avec mon chef tous les matins.
On a commencé à mieux connaître le patron et de fil en aiguille c’est devenu un ami. En fait, le Café de la Cloche est presque devenu ma deuxième maison !
J’ai commencé à donner un coup de main à Philippe, mais pour être sûr que l’on puisse continuer à travailler ensemble, on attendait que le résultat tombe. On attend toujours de savoir s’il y aura appel ou non mais pour l’instant la chance est de notre côté.
Etiez-vous inquiet quant à l’issue du procès ? Le jour du verdict, je n’étais pas présent. J’aurais du être là mais j’ai eu des impératifs familiaux. J’ai donc entendu le résultat à la télé. Et là par contre c’est vrai… ça m’a mis légèrement la larme à l’œil.
Quand ma mère a connu ce bar, je ne sais même pas si elle avait déjà prévu de me mettre au monde. Il est ancré dans le quartier. Alors personnellement, je ne le voyais vraiment pas partir.
D’où venait cette sérénité à l’heure du verdict ? Je lui avais dis dès le départ : « tu verras le café ne peut pas disparaître ». Alors je n’ai pas du tout été étonné par le résultat. Pourquoi ? Parce que c’est un bar unique. Ce n’est pas comme ailleurs où ça hurle dans tous les sens. Ici il y a des retransmissions télé et des soirées à thèmes. Les Cafés Philo, Cafés foot, Cafés concert… c’est quelque chose de vraiment particulier. C’est propre à La Cloche. Et puis sa disparition aurait vraiment calmé la rue car à côté il n’y a que de petits magasins.
Une autre particularité : ici il y a deux sortes de clients. Les jeunes et les moins jeunes. Par contre, il n’y a qu’une seule mentalité. Par exemple, il arrive que l’on sorte la console. Les jeunes jouent mais les anciens sont là aussi, viennent à côté et regardent. On peut faire tous les bars de Lyon, on ne voit pas ça ailleurs. Il n’y pas la même relation entre la clientèle et le patron. C’est vraiment familial ici.
S.B.C.
EN BREF
Des profits considérables pour l’ANF
La société immobilière est passée à travers les mailles de la crise qui sévit actuellement en France. L’ANF détient la majeure partie des immeubles de la rue de la République, l’une des principales artères commerciales de Lyon. Propriété qui lui a permis de terminer 2008 avec un chiffre d’affaire de 59,1 millions d’euros, soit une hausse de 92,3% par rapport à 2007. Ce succès, l’ANF le doit à sa politique de valorisation de son patrimoine grâce à laquelle elle a perçu des loyers plus élevés, représentant un gain de près de 15 millions d’euros.
La rue de la République se vide
L’augmentation des loyers sur la Presqu’île lyonnaise a eu des conséquences directes sur les petits comme sur les grands commerces. Plusieurs établissements sont ainsi tombés sous le couperet de l’ANF, qui a rendu leurs loyers non viables. Plusieurs petits bars se sont éteints. Un caviste et une pharmacie ont déjà fermé alors qu’un photographe de la rue de la Charité devrait subir le même sort. Même le géant de l’équipement sportif Go Sport a succombé. À ce jour, le Café de la Cloche est le seul miraculé de cette hécatombe.